au temps de Roland on se faisait moins chier quand même

Publié le par grr atteint

 

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Le matin pour aller à l'IUT, je lis. En ce moment Comment parler des livres que l'on n'a pas lus. Conseillé par la prof de littérature, décidément cette Jeanne Mas ya pas que sa coupe de cheveux qu'elle a raté visiblement.

Pierre, chaque matin, m'agace un peu plus (Pierre est l'auteur du livre qui dit qu'il ne faut pas lire de livres)

 

-lire un livre ne sert à rien. De toutes façons dans un mois vous aurez oublié presque tout, dans un an le bouquin en entier, autant ne jamais lire.

-mais c'est débile!

-mais non, regardez, le bibliothécaire dans ce livre de fiction, il ne lit jamais et il s'en sort très bien!

-c'est un ouvrage de fiction, on peut pas prendre une histoire fictive comme argument dans un raisonnement!

-pourquoi pas? Je peux très bien parler de ce livre!

-mais vous l'avez lu?

-non pourquoi faire? De toutes façons on ne parle jamais d'un livre lu, toujours d'un livre vécu!

-quoi??

-mais oui, quand on discute d'un livre, on ne parle pas du livre, mais de ce qu'on a tiré, nous, de ce livre.

-oui...

-donc des impressions que le livre a fait naître en nous!

-oui...

-donc des idées que nous avons en nous-mêmes; rien ne sert de lire, si nous parlons de nos idées! Parlons, voilà!

 

Bon il dit pas exactement ça. En vrai il dit qu'il faut quand même lire un peu, mais QUE les résumés ou autres trucs qui permettent d'avoir une idée générale du livre.C'est-à-dire des trucs faits par des gens qui ont lu le livre. Bref.

-non bon en vrai il fait une théorie pas trop con de la lecture. Mais il sort pour ça la carte de la provoc et de l'énervement, et du coup je suis provoquée et je m'énerve. Bouh pierre.-

 

 

Avant je faisais le voyage retour avec Michel, ça m'aidait à décompresser. Mais Jed martins est mort et me voilà condamnée à suivre un mec, on sait même pas comment il s'appelle.

 

Il cherche qui il est, il cherche sa vie, il rencontre des gens bizarres qui lui donnent des noms chelous et des numéros de téléphone qui commencent par des lettres (seventies forever) La lumière est toujours ambrée, cuivrée ou jaunâtre, les personnages sont soit vieux soit fatigués, partout de la poussière ou de la pluie. Au début tu te dis, allez, accroche-toi, patience, et au bout d'un moment tu craques un peu.

 

Nous mîmes beaucoup de temps pour parvenir jusqu'à la porte vitrée.

-non, stop.

-quoi?

-"nous mîmes beaucoup de temps pour parvenir jusqu'à la porte vitrée."

-oui?

-"Nous mîmes beaucoup de temps pour parvenir jusqu'à la porte vitrée." ??

-oui, ben quoi?

-non mais mec! "Nous mîmes beaucoup de temps pour parvenir jusqu'à la porte vitrée." Ya rien qui te choque?

-ben non, je...

-c'est moche! C'est laid c'est pourri c'est agaçant c'est quoi ce passé simple ridicule? C'est quoi cette phrase?

-ho bah ça va, c'est qu'une phrase.

-non alors déjà non, ça n'est pas qu'une phrase. Plus haut: "nous traversions une clairière dont la lune rendait les herbes phosphorescentes."

-hé ben?

-plus haut encore: "Il fallait que je m'habituasse à ce changement."

-quoi? vous avez un problème avec le subjonctif?

-bien placé, non. T'as une excuse pour écrire comme ça?

-je suis Patrick Modiano.

 

 

Oui, alors Patrick, entre Pierre le matin et toi le soir ça va pas le faire. Fais un petit effort, laisse tomber l'utilisation du subjonctif imparfait au conditionnel participial 3ème alinéa droite pour dire "le personnage principal pète" ok? Ton personnage pète tu dis il pète voilà.

Publié dans roman français

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Balbylon 27/09/2011 09:38


Je trouve que ça a un côté "prout-prout" de péter à l'imparfait du subjonctif. La grande classe quoi.

Au XVIIIe, tout le monde pétait comme ça. Surtout dans la noblesse


mélanie 04/12/2011 22:32



"s'il vous semblait que j'eusse pété, s'il s'avérait que votre ressenti fût le réel reflet de la réalité, j'ose espérer que vous m'en excusasseriez" 


 


:)