back by popular demand...

Publié le par grr atteint

Je pourrais sans doute inventer des tas de trucs pour expliquer pourquoi je n'ai pas écrit tout ce temps, mais ce ne serait pas très honnête alors je vais dire la vérité.
J'ai fait de la figuration dans un film. Le troisième arbre en partant de la gauche, au douze-millième plan d'Avatar, c'est moi. (d'ailleurs si vous cherchez bien, sur cette photo-là je grimace un peu)
C'était un boulot de fou, j'en avais pour cinq heures de maquillage rien que pour une mèche de cheveux et les autres figurants étaient fan de Chuck Norris. Ils passaient leur temps à faire des kicks droits (ou gauche, selon leur humeur) entre les prises, et du coup il fallait leur refaire le maquillage, et du coup on perdait du temps... Finalement James (pardon, je veux dire Monsieur Cameron) a dit que c'étaient les effets spéciaux qui avaient pris du temps et coûté cher, mais non, c'est nous, les figurants-arbres.

Bref, Avatar est sorti, les tournées de promo sont finies, je suis riche et célèbre donc tout ce que je vais dire est vrai.


pandora-avatar.jpg


Continuons donc sur notre lancée d'Avatar.

Alors j'entends déjà les critiques oui Avatar, c'est LE gros succès populaire, mais ce film c'est super facile : l'histoire est baclée, bourrée de clichés, on connaît la fin dès le début, oui les effets spéciaux sont bien faits mais bon moi je dis nan quoi...
MAIS BON SANG POURQUOI ? On ne peut pas vivre que de films Arte!  "Les effets spéciaux sont bien faits," ben oui, et vraiment bien faits! C'est-à-dire que faut quand même sacrément le vouloir pour rester le cul dans la salle de ciné si j'ose dire. On est dedans du début à la fin, et en même temps on a du mal à y croire tellement c'est beau, tellement c'est bien fait, tellement ça a l'air d'être possible cet écosystème, tellement on a envie d'y aller sur Pandora.
Ensuite c'est vrai que l'histoire est simple, et depuis quand on a besoin d'un matériau complexe pour créer un truc bien? Roméo aime Juliette, Juliette aime Roméo, leur amour est impossible, ouh làlà... Ca pourrait être écrit par Marc Lévy, ça l'a sans doute été de façon tendrement gnan gnan, mais si c'est du Shakespeare alors là c'est beau.
Alors bien sûr, le coup du soldat envoyé pour tuer des gens qui tombe amoureux d'une des gens à tuer et qui finalement ne tue pas de gens, on l'a vu, entendu, lu, des dizaines de fois... L'important c'est comment c'est raconté, et là, ben excusez-moi du peu, c'est bien raconté.
Oui, c'est un divertissement. Pas un film qui dissèque la nature humaine en filmant un sashimi sous trois angles différents pendant 3 plans de 12 minutes 43 chacun, ce qui nous pousse à une réflexion profonde sur la nature humaine, intrinsèquement prise par le temps et condamnée par son inhérente fragilité à être détruite, telle un sashimi. Ces films-là, ils sont bien, il en faut, mais merde, un bon méchant bien méchant et bien moche, qui veut tuer des gens bien gentils et bien innocents, avec un combat bien violent et bien filmé en apothéose, des fois, ça fait... du bien!
 
En résumé donc, Avatar, c'est un film qui fait du bien. Voilà.





les plus perspicaces d'entre vous auront sans doute remarqué que je suis un peu agacée par les critiques  du style "oui mais ce film est stupide". Certes. Parce qu'en plus les gens qui disent ça s'arrêtent souvent sur la Ferme célébrités, ou Secret Story, ou que sais-je encore. "oui mais j'aime pas ça hein".  Ben on s'en doutait, c'est pas un film arte.

Commenter cet article

Xbug-pirate 12/04/2010 17:38


Je pense que tout est là, et tu le soulignes un peu : tout dépend de ce qu'on demande au cinéma de divertissement. Autour de moi, l'enthousiasme autour d'Avatar m'a semblé assez mou, je fréquente
pourtant des gens de tous niveaux d'éducation, donc cela me semble sans rapport. Apparemment, les jolies images, même si leur usage est novateur dans un film pour adulte, ne suffisent pas à poser
sur ce film une balise dans l'histoire des images qui bougent grand public. La 3D n'a pas encore le niveau requis pour être aussi organique qu'un costume en latex des années 80, d'une part. Tout ça
est quand même très désincarné à force d'être clean, et c'est vraiment une des raisons qui font qu'on ressort de la salle aussi vide qu'en entrant. En plus l'histoire n'est pas que simple, elle est
mauvaise.

Avatar est convenu, mais avant sa sortie, il s'est paré des atours de la SF culte. Tromperie sur la marchandise, donc, et déception.

Revenons à 'film pour adulte', que j'ai concédé plus haut : je ne suis pas d'accord. C'est un remake de Pocahontas, qui n'est qu'un vieux conte de fée traditionnel moisi avec des grands sachems à
la place des rois.


gratin 12/04/2010 21:24



"un vieux conte de fée traditionnel moisi avec des grands sachems à la place des rois."


:)


enfin il est présenté comme visant un public adulte (et moi je connais pas mal d'adultes qui ne sentaient pas du tout floués à la sortie).


 


"L'histoire est mauvaise", je ne suis pas vraiment d'accord... en quoi ? C'est du réchauffé, mais pas du pourri quand même.


et pour le dernier point (ou le premier), j'ai trouvé que c'était le premier film où la 3D ne semble pas désincarnée, justement ... Ou plutôt non, ce n'est pas le premier : ça égale -je
trouve- le magnifique Gollum, mais c'est porté à la puissance au-dessus (en quantité, pas en qualité) : les décors sont criants de vérité, et les personnages aussi, sans doute
grâce à la super technique de capture de mouvement... mais peut-être qu'on tombe là dans le subjectif.



Xbug-pirate 02/04/2010 01:31


Pour être bien compris : la postérité on s'en fout. C'est bon pour les films d'Arte. OK. Là je parle de postérité intime. Et je demande ça même à un film de divertissement. Et c'est important. On a
tous un petit aventurier de l'arche perdue au fond du cœur, pourtant c'est du gros divertissement qui tâche. Au moins, Indy à l'honnêteté de sa bondieuserie.


gratin 02/04/2010 11:38



Oulala, que de réactions... Dire que j'avais failli supprimer cet article parce qu'il est un poil brouillon quand même! Bon, du coup, je tiens mes positions :)


D'abord, bien sûr Shakespeare n'est pas une "garantie qualité". Ce que j'ai voulu dire, c'est que le fond de l'histoire pourrait facilement le faire sombrer dans une niaiserie
sentimentalo-poético-barbapapa, et il s'en sort en restant dans le beau, simplement (ce que Marc Lévy a du mal à faire) J'ai pris Roméo et Juliette pour que ça parle à tout le monde, mais c'est
la même chose avec Hugo, Balzac, tous les grands écrivains... Ceux qui arrivent à transformer l'histoire qu'ils racontent en la racontant. Et même au temps de Shakespeare, je ne suis pas sûre que
Monsieur Lévy aurait fait mieux que lui. C'est plus une question de perspective, de rapport au texte, d'état d'esprit dans lequel on prend la plume // la caméra, que d'époque qui entre en compte
ici. Je pense.


Sur la complexité, on est entièrement d'accords, l'argument type "ouh ce film est nul, même moi j'aurais pu trouver l'histoire, en faisant caca ce matin" est ridicule. Complexe n'est pas égal à
intelligent en plus.


Et zenfin, navrée, mais je pense qu'Avatar restera dans les mémoires... MAIS uniquement parce que c'est le premier film qui utilise la 3D à destination d'adultes, et qui la pousse à ce niveau.
Sinon, bien sûr c'est pas du tout un monument, ni d'originalité, ni d'émotion. On est emporté sur le moment (enfin, moi j'ai été vraiment emportée)... mais quand on sort de la salle il reste pas
grand-chose.


Avatar remplit les règles du genre sans rien leur apporter. Mais il les remplit bien. Non ?


 



Xbug-pirate 02/04/2010 01:23


Je ne peux que faire la grimace. Marre des pseudo intellectuels, certes. Mais über-ras-le-bol des gens qui font des raccourcis du genre "mais c'est du shakespeare alors là, c'est beau". Shakespeare
n'a pas été désigné comme grantécrivain par une divinité de la 'création respectable', pour qu'une bande de suiveurs à lunettes ne jurent plus que par lui quoi qu'il commette. C'est Roméo et
Juliette qui désigne Shakespeare comme grantécrivain, c'est pas parce que c'est Shakespeare que ses pièces sont considérées comme classes. C'est complètement con. Une oeuvre s'inscrit dans une
époque. Marc Lévy écrivant Roméo et Juliette le ferait avec des siècles de retard... C'est un peu un paramètre à prendre en compte.

Quant à la notion de complexité : une histoire peut-être complexe et profonde sans être compliquée. Beau et simple ne veut pas dire simpliste.

Avatar est un film que la postérité oubliera pour trois raisons :

- Les thèmes abordés le sont de façon tellement grossière, les ficelles sont tellement énormes qu'ils démolissent tout le potentiel de la métaphore. Même Hulot fait mieux dans le genre.

- Les amateurs de SF avaient déjà parcouru Pandora dans tous les sens depuis les années soixante. Depuis le Seigneur des Anneaux, le grand public à l'impression qu'on lui sert régulièrement des
univers inventifs et merveilleux. Ce n'est pas le cas. Tous les poncifs d'une médiocre littérature de genre sont rassemblés dans ce film.

- Les effets spéciaux proprounets ne seront jamais une fin en soi, et ne sont qu'un moyen médiocre, pour transmettre un bel imaginaire. Un film (même de divertissement, voire surtout) doit être une
porte ouverte permettant au spectateur d'y investir des choses. L'esthétique full 3D mal maîtrisée que l'époque nous sert dans toutes les salles de cinoche depuis bientôt dix ans sature tellement
les mirettes et le cerveau que l'investissement du spectateur est quasi-nul. Pas de mémorisation par les tripes à un tel taux de saturation. Trop gros pour rentrer dans la tête par les yeux. les
Harry Potter, Avatar, Le seigneur des anneaux, les prequels Starwars, autant de films qui ne laisseront aucune émotion dans nos coeurs dans quelques années pour une raison : ils ne sont qu'un seul
et même film, un brouhaha numérique, un fantasme complétiste d'auteur égoïste, incapable de déléguer le travail de l'imaginaire et de l'émotion à son public.


Jhu 01/04/2010 15:34


Je suis content de trouver quelqu'un qui partage mon avis. Marre des pseudo-intellectuels qui semblent chercher l'absolu en tout. On peut faire la part des choses entre divertissement et réflexion.
On peut aussi réunir les deux, mais c'est hyper casse gueule et James Cameron se serait forcément planté. Je préfère qu'il se limite à ce qu'il sait faire : du bon divertissement bien gras, pas
intelligent pour un sou mais qui nous fait quitter le siège.

Enfin, faut surtout se dire que ceux qui critiquent Avatar pour les raisons que tu cites le font pour avoir l'air giga-cool, avec leur mèche qui barre le front et leur longue écharpe dégueulasse.
Le principe du mec qui va systématiquement dans le sens inverse de la marche pour exister/se différencier/se sentir supérieur.

Ces gens là, je les vomis.

Ah et en rapport avec le scénario et ce que tu dis, effectivement, n'importe quel auteur (valable) confirmera que c'est pas tellement ce qu'on raconte qui décide de la qualité d'une oeuvre, mais
bien comment on le raconte.

Sur ce.


gratin 02/04/2010 11:39



Ouais!


 


:)



marine 23/03/2010 17:30


"lol"


gratin 24/03/2010 11:08


ah, c'est malin :)