je sais que je me répête, ce texte est à base de répétitions.

Publié le par gras teint

 

100_2462.JPG

 

 

Il y a des fois, il faudrait partir loin.

 

Quand d'un coup on arrive à prendre un tel recul. Un tel recul que tout ça semble stupide, et que d'un coup ça nous apparaît : tout ça est stupide. Je sais que je me répête, ce texte est à base de répétitions.

 

Quand on marche dans la rue, que rien ne s'y passe et qu'il fait beau, et qu'on regrette presque que le type qu'on voit là-bas en train de draguer cette jolie fille ne soit pas en train de l'agresser. Quand on regrette de n'avoir aucune raison de se battre... Si cet homme en imper tendait la main vers le sac de cette vieille dame, on serait presque heureux. Des larmes de joie au coin du cil, on foncerait frapper sur ce type et se foutre bien de ce qu'il nous renverrait. Alors, se sentir vivre à côté des autres est insupportable. Ce n'est pourtant pas en rentrant dans quelqu'un qu'on brisera cette distance. On en aurait l'illusion peut-être. On se sentirait ; sentir son corps parfois permet d'arrêter de penser. 

L'homme en imper ne fait que dépasser la vieille dame. Qui se recroqueville sur son sac. Tarée.

 

On marche dans la rue, on passe le portillon, on s'asseoit dans le métro, on ignore la cinquième main tendue de la journée. Comme si tout était normal. Comme si on n'avait pas eu le déclic.

 

Mais on l'a eu. Derrière la vitre du wagon, des gens pressés attendent le signal d'ouverture des portes pour se ruer à l'intérieur et griller Mamie, qui ne sera pas assez rapide. Tarés. Et on sent que cette vitre sera là, toujours, car notre esprit l'a compris. On restera assis à l'intérieur du métro, en regardant ces idiots qui essaient d'y entrer. Mais idiots, une fois dedans, quand vous ne pourrez plus sortir, c'est pourtant la seule chose que vous voudrez.

 

Car dedans on sait que tout ça est ridicule. Franchement. On se réveille le matin, on mange, on travaille, on dort, on rencontre des gens, on ne les comprend pas, on les blesse ou on les fait sourire, et alors? Parfois j'aimerais demander à tous les agonisants de France le truc qui fait qu'ils regretteront cette vie. Ils répondront rien, bien sûr, ils agonisent. Seuls les condamnés à vivre peuvent se payer le luxe de regretter.

 

 

Il y a des fois, ces fois-là donc, il faudrait partir loin. Très loin.

De l'armoire à pharmacie.

Commenter cet article

Karboglax 24/11/2010 10:18


Êrk, du sport !!! Même pour rire, y a des mots qu'on ne devrait jamais prononcer ! :)


mélanie 24/11/2010 22:00



hé, j'ai pas du tout prononcé le mot "sport".



Karboglax 23/11/2010 16:56


C'est exactement dans ce mood-là que je barbote, en ce moment...


mélanie 24/11/2010 09:06



passe au crawl! le barbotage ça a pas grand-chose de bon (ou plutôt si, mais un temps.)



Marianne 17/08/2010 19:09


ah mais faut pas me faire lire des trucs comme ça moi ça me déprime et la déprime me rappelle des souvenirs terribles et difficiles. Alors oui je vous en conjure éloignez-vous de l'armoire à
pharmacie.


mélanie 17/08/2010 20:17



bon, je vais mettre un signe "attention danger" et une tête de mort au-dessus de cet article :)



Raphaël 10/08/2010 03:13


C'est écrit avec les mots de la bête qui dort à l'arrière de nos crânes, celle qui tape sur la vitre sans tain... C'est bien écrit... Elle écrit bien.

Ah... Et il y a des fois où c'est loin de ce genre d'articles qu'il faudrait se trouver.


mélanie 10/08/2010 20:09



héhé, c'est ce que je me suis dit en le relisant un jour d'humeur légère... Par contre, tu viens par ici bien tard... Tu m'étonnes que t'arrives pas à sauver Sarko après!


Merci en tous cas :)