le problème d'avoir un titre qu'a rien à voir avec l'article, c'est que si tu regardes juste le titre, tu sais pas de quoi parle l'article. mais bon.

Publié le par gratin


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Imaginons, un mot. Non, une idée. Ca commence toujours par une idée, au début. Alors imaginons, une idée.

Elle est pure, encore inconnue, elle se ballade dans son monde des idées, tranquillou. Petite jupe à volants, tissu fleuri, jambes très blanches, ballerines marron clair avec une tache sur la semelle, pour mieux sautiller. Elle trottine, de nuage en nuage, complètement insouciante, et forcément, à force, elle se fait repérer. Par un oeil.

Ca serait juste un oeil ça serait pas dramatique, l'oeil il transmet l'info bien gentiment (bon, un peu à l'envers à ce qu'il paraît) : des jambes très blanches, une jupette à volants fleuris, des petites ballerines, le tout qui sautille de nuage en nuage, une impression de légèreté. Et là, entre en jeu le cerveau. Qui est déjà bien saturé, qui commence par zapper les ballerines. Qui a déjà vu tout plein d'autres choses, qui les a toutes plus ou moins oubliées. Croit-il.

Le tissu fleuri de cette jupette à volants, c'est le même que celui de la nappe de la cuisine de sa grand-mère. Haha. Ca commence. Sa grand-mère, elle est morte quand il avait deux ans, il s'en souvient pas, il l'a jamais revu cette nappe. Mais quand il était bébé et qu'elle le prenait sur ses genoux, ben il la sentait tout contre lui avec son odeur tendre et moelleuse de grand-mère, et il voyait quoi ? La nappe de la table. Le tissu de la jupe. Du coup il le fait pas exprès, et c'est là le problème, il le fait pas exprès du tout, mais pour lui l'idée qui sautille, elle est pas légère, elle est tendre. Quand il la raconte à quelqu'un d'autre, il parle de douceur, de tissu fleuri, il oublie les volants. Et voilà, notre idée elle vole lentement de nuage en nuage, dans une longue jupe en tissu léger et fleuri, qui sent bon la tarte aux pommes.

Pourquoi la tarte aux pommes ? Parce que le type qui vient d'écouter son copain lui parler de douceur, qui est en train d'en parler, il en parle à une jeune fille, que la jeune fille l'écoute et qu'elle est belle, que son sourire lui rappelle les tartes aux pommes de la boulangerie d'en bas de chez lui, celles qu'il allait chercher le mercredi après-midi pour son amoureuse de CP. Elle était blonde son amoureuse, et elle a déménagé, ils se sont oubliés. Croit-il... Mais il a rêvé d'elle la nuit dernière, sans la reconnaître. Elle était tout le temps en robe son amoureuse, elle avait un joli sourire, un peu comme celui de la jeune fille qui écoute... Et hop, une idée jolie, avec une jolie robe à fleurs, et de longs cheveux blonds qui sentent bon la tarte aux pommes.
 
Et notre jeune fille qui écoutait tout à l'heure, la voilà qui se met à parler dans le métro, à une autre jeune fille. La jeune fille qui parle, qui écoutait tout à l'heure, elle rêvassait aussi un peu ; le jeune homme qui lui parlait, il était beau, elle se voyait bien le prendre par la main et l'emmener un bout de chemin... Et du coup voilà notre idée qui se met à ne plus voler du tout dans le ciel ; elle se ballade dans un bois, avec ses longs cheveux blonds, son odeur de tarte aux pommes et sa robe à fleurs.

Pour finir elle atterrit dans l'oreille d'une demoiselle qui essaie de lire dans le métro, qui essaie de rester concentrée sur autre chose, qui n'a pas du tout de place pour une promeneuse... Mais elle est bien obligée de l'accueillir ; et voilà notre belle idée dans le monde de Goethe : rubans dans les cheveux, gestes délicats, elle vend des tartes aux pommes sur le chemin qui mène au domaine boisé d'un jeune propriétaire, riche, amoureux et désespéré...
Plus rien à voir avec notre sautillante aux jambes blanches.



Et après on voudrait parler de politique.

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