Show me your teeth !

Publié le par gras teint

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Si j'étais forte en dessin  cet article serait une BD. Mais je ne suis pas très forte en dessin, et je ne sais pas comment faire passer un dessin d'un papier à un ordinateur -je ne suis pas très forte en informatique non plus -bon, ok, je ne suis pas très forte tout court. (il faut dire, j'ai bien dû perdre au moins dix kilos depuis mon arrivée sur Paris!)

Du coup il va falloir que vous, vous soyez forts : vous allez devoir MANGER (ha-ha-que-je-suis-drôle) non, IMAGINER que vous lisez une BD. Bon, je vais vous aider un peu en vous décrivant ce que vous devez imaginer. Ce qui est, notons-le, le processus normal de toute lecture. Hum.

Bon, oublions cette intro, d'accord?

 

Comme certains d'entre vous s'en sont peut-être aperçus, je ne dors pas beaucoup ces temps-ci. Je ne sais pas pourquoi, c'est très étrange, un petit frisé tourne dans ma tête ; haha il n'est plus seul... et alors ? Je m'en fous je m'en fous je m'en fous, et j'espère sincèrement, mais alors, très sincèrement, qu'il arrive à trouver la vie chouette quand d'autres doigts que les miens glissent dans ses boucles. Mais si.

Le jour j'arrive à peu près à m'en convaincre, mais la nuit je perds un peu le contrôle dis donc. Je fais des rêves très sympas à base de café crême avec vue sur le Sacré-Coeur, de lits qui s'écroulent et de caresses sur les na... hum, on recommence à tomber dans les trucs persos là non ?

 

Bon, oublions ce paragraphe (votre capacité d'oubli est mise à rude épreuve aujourd'hui) et disons que, pour une raison fort mystérieuse, je n'arrive pas à dormir. Donc je suis fatiguée. Voilà, c'était la mise en bouche, le justificatif préliminaire, le ne me jugez pas sur ce que je vais vous raconter ce n'est pas vraiment moi qui ait agi, c'est la fatigue.

Cela posé, lançons-nous.

 

 

 

Première case (oui parce que donc c'est une BD, avec des cases) : case longue, rectangle en travers de la page : un métro. Une rame de métro, intérieur soir, éclairé à la glauque blafarde, comme tous les métros. Des visages. Cinq costards-attaché-cases, une vieille trop maquillée, deux-trois casquettes à l'envers, quinze mp3 à fond. Un jeune baroudeur. Sac à dos, jean noir, muscles saillants, silhouette perturbante. Pas de barbe de trois jours, pas de mp3, visage fin. Bouclettes. Argh.

Assise en face, une jeune fille. On voit à ses cernes qu'elle a vendu beaucoup de strings ce jour-ci. Elle regarde un peu trop le jeune baroudeur, qui finit par la regarder aussi.

 

Ballet (cases entourées de zigzags, mise en page artistique, floue et gênée) : Jeune fille : regard à droite, vers la vieille moche -ses lèvres sont fines. Jeune baroudeur frisé : levage de tête, plafond -elle m'a regardé je crois. Jeune fille : regard à gauche, tiens une vitre, de quelle couleur sont ses yeux ? Verts, putain, coup de chaud. Jeune baroudeur frisé : ébauche de sourire, oh, qu'est-ce qu'il y a par terre ? Ses sandales, lacets autour des chevilles. Un froufrou de jupe au dessus, elle rougit un peu (etc)

C'est étrange, il ne se passe pas grand-chose et pourtant ma bouche s'assèche. Vite, une contenance. Lui donner mon numéro, mais comment ? Une idée, une idée...

Ah mince, on s'éloigne de la BD.

 

Suite de petites cases :

case 1 : la jeune fille plonge la main dans son sac, en ressort un bâton.

case 2 : la jeune fille porte le bâton vers ses lèvres, le passe dessus. (dans le but évident d'hydrater lesdites lèvres -baume à lèvres hydratant saveur papaye sans collagène et au bifidus actif, en vente dans toutes les bonnes librairies)

case 3 : éclair de perplexité dans les yeux de la jeune fille

case 4 : regard stupéfait et un poil dégoûté du jeune baroudeur frisé.

case 5 : zoom arrière, mine catastrophée de la jeune fille qui réalise soudain que ce qu'elle avait pris pour son baume à lèvres est un TAMPAX.

 

dernière case : ouverture des portes, le jeune baroudeur frisé s'éloigne. Avec un grand sourire, pas celui que je voulais, et sans mon numéro.

 

 

Putain de frisé.

 

 

 

(de frisés)

 

 

 

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