il y a treize commentaires sur ce blog. Vite, lecteur superstitieux, écris-en un quatorzième!
Le nouveau Monde
Si vous vous ennuyez, s'il fait bientôt nuit, si vous êtes à Paris (ou pas loin), entrez dans une bouche (de métro), roulez sous terre un petit moment, descendez avant la sonneriiiiiiiiiiiiiiiiiiiie à Porte de Pantin, traversez la place pavée qui se déroule autour de cette blanche fontaine, maudissez-vous de n'avoir songé à prendre votre canapé avec vous, asseyez-vous sur le sol terreux et nu, faites abstraction des nombreux et joyeux bavardages, rires, glinguements et glougloutations de bouteilles de bierre, fixez vos yeux sur le géant écran et partez en voyage... Oui car cette année à la Villette, "les traversées au propre comme au figuré s'invitent sur la pelouse..." (quel slogan)
Si vous avez un peu plus de deux heures à perdre, si votre cerveau fatigué ne pourrait supporter un 2001 : Odyssée de l'Espace (je respecte énormément Kubrick mais 2001, argh, keurf, wouarps, non ?), si vous avez aimé Pocahontas, (si vous en avez marre de tous ces si) alors ce Nouveau Monde est fait pour vous. Un film simple, très beau, très simplement beau. Très lentement beau aussi. Très.
On reste assis sur la terre, des fourmis dans la fesse droite et un éclat de sonnerie de portable dans l'oreille gauche, on reçoit tout ça. La nature, la grâce d'une jeune fille qui danse, les cheveux de Colin Farell, les peintures d'indiens pacifiques. On se laisse prendre, bercer, ouh c'est beau, c'est lent et magnifique.
Puis l'écran s'éteint, on ouvre les yeux et on réalise qu'on a froid, mal au cul, que cette petite histoire neuneu tiendrait en trois quarts d'heure sans problème, que Malick nous prend doucement par la main pour nous la disséquer pendant 2h20 sans que l'on pense à s'ennuyer, qu'il nous a bien arnaqués et que c'est peut-être ça, être un bon réalisateur.