L'envie d'écrire
se pointe
rarement avec un stylo.
(bien sûr au temps des claviers ce poème n'a plus grand sens)
-carte postale créée par les géniaux plonk et replonk-
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L'envie d'écrire
se pointe
rarement avec un stylo.
(bien sûr au temps des claviers ce poème n'a plus grand sens)
-carte postale créée par les géniaux plonk et replonk-
Le féminisme de ces dernières années s'enlise dans un paradoxe, qu'il fait mine de ne pas voir pour rester cohérent. Etre féministe, c'est quoi ? C'est dire "les femmes et les hommes sont égaux, traitons-les pareil". A ce discours s'est ajouté un autre, qui devient LE truc qu'il faut penser en Occident : la théorie du genre. Ce n'est pas parce que j'ai un zizi que je suis prédisposé à être violent. Ce n'est pas parce que j'ai un vagin que je suis coquette. La théorie du genre dit : il y a le sexe (donnée biologique) et il y a le genre (inculqué par la société) En gros, si les filles aiment minauder c'est parce que la société leur a appris que c'est ça qu'elles doivent faire, parce qu'elles sont filles. Si les garçons jouent aux voitures ou à la guerre c'est parce qu'ils sentent que leurs parents attendent ça d'eux. Tout est acquis, rien n'est inné. On se construit nous-mêmes.
Quel orgueil, s'exclame Nancy Huston. L'homme occidental, dit-elle, se détache de la Nature pour mieux se penser. Mais ce faisant, il oblitère tout un pan de la réalité, que l'on peut pourtant constater chaque jour : les femmes aiment se faire belles. Les hommes sont plus enclins à avoir des réactions violentes. Et il en est ainsi parce qu'un homme et une femme, ce n'est pas la même chose. Biologiquement. L'homme est programmé pour féconder le plus de femmes possibles (son désir est automatique, subi), la femme est programmée pour ne s'accoupler qu'avec un mâle stable et fort, qui pourra assurer sa survie et celle de sa projéniture (son désir est réfléchi, voulu). A ces prédispositions biologiques, nécessaires à la perpétuation de l'espèce, s'est ajoutée l'invention de la photographie, et le rapport à l'image est devenu déterminant : l'homme est celui qui regarde, la femme est celle qui est regardée. Plus une femme obtient la reconnaissance de son statut d'être pensant, individuel, plus elle s'objectivise (achat de magazines féminins, dépenses en cosmétiques, en habits, en chaussures, chirurgie esthétique, etc. : bref, travail de son corps, de son apparence, de ce que l'on voit d'elle) Il serait très intéressant de se poser la question : comment cela se fait-ce ?
Mais les théoriciens actuels, déplore Nancy Huston, jouent les aveugles. Ils proclament et reproclament l'égalité des sexes en faisant mine de ne pas remarquer que plus les femmes sont considérées comme égales des hommes, plus elles cherchent à s'en différencier, en se faisant plus femmes, en se définissant par rapport aux hommes. Plus donc elles ressucitent le modèle machiste dont on voudrait les voir s'écarter...
Le féminisme d'aujourd'hui n'aime pas les femmes.
Les théoriciens du genre n'aiment pas les êtres humains.
Et c'est un paradoxe auquel nous devons nous confronter.
Nous dit Nancy.
Cet essai est réellement intéressant, riche de références et soulève de vrais problèmes théoriques, qui m'ont poussée à beaucoup réfléchir. (je réfléchis encore) Les problématiques abordées sont diverses et très richement traitées : prostitution, voile, pornographie... Nancy Huston évite la plupart des écueils, n'est jamais dans la caricature et ne pose que des théories. Elle invite à la réflexion et ne tente pas d'enfermer le lecteur dans une opinion peu argumentée. Elle constate, explique, pose des questions, tente des réponses. Parfois elle déroule quelques-uns de ses propres souvenirs, retranscrit des discussions avec ses amis hommes ; cela rend le tout très digeste et agréable à lire.
J'ai quand même un énorme problème avec son discours. Mme Huston semble avoir oublié qu'il existe dans toutes les sociétés, dans la NATURE humaine, des homosexuels, des transsexuels, des gens qui ne rentrent pas dans ses catégories "êtres regardant/êtres regardées". Si les discours actuels tendent à "nier" les penchants biologiques des êtres humains, c'est parce que l'on sait depuis longtemps que la définition par la logique biologique écarte tout un tas de gens de cette définition. On ne peut pas penser l'homme comme "être programmé pour la reproduction" sans sous-entendre que l'homosexualité est une déviance, une erreur, un truc incompréhensible. Il est bien beau de dénoncer la tendance des théoriciens du genre à ne plus voir les êtres humains réels, mais si c'est pour proposer un modèle qui ne permet pas de voir les êtres humains réels, on tourne en rond.
Rappeler que nous avons des gênes qui nous poussent à adopter certains comportements, "militer" pour que nous n'oubliions pas de prendre cet état de fait en compte, c'est proposer une piste de réflexion réellement intéressante, et sans doute encore à creuser. Mais la théorie devient dangereuse voire inacceptable, si l'on ne mêne pas en même temps une vraie réflexion sur l'homosexualité et la transsexualité.
Pour conclure donc : un essai passionnant, très accessible (c'est agréable), qui pousse à l'interrogation et à l'énervement aussi, parce qu'il lui manque un ou deux chapitres !
Reflets dans un oeil d'homme, Nancy Huston, Actes Sud, 305pages, 22euros80
"Lorsque j'ai été embauchée à la mairie, j'étais persuadée que j'allais vraiment pouvoir agir, apporter les compétences que j'avais acquises au cours de mes huit années d'études pour pouvoir faire la différence et ainsi permettre au service public de mieux fonctionner.
La couverture est très belle et annonce bien la couleur : voici un roman apaisant, qui se lit comme on cueille un bouquet dans un champ ensoleillé ; c'est un joli moment, on s'y consacre pleinement, ensuite on reprend le cours de sa vie avec encore un goût de souvenir -et puis c'est tout.
Iz est morte et a laissé deux manuscrits. Son notaire en prend connaissance avant -c'est la volonté de sa cliente- de les détruire. C'est là que réside la force du texte ; dans sa construction. Le premier manuscrit nous raconte Iz et son fils, le deuxième Iz avant son mariage... Et les infos qui arrivent peu à peu nous permettent de reconstruire cette figure héroïque avec laquelle Cunningham veut nous attendrir. Bon, il y arrive un peu. Pas facile d'être une jolie héritière d'une famille qui s'appauvrit dans l'Irlande de 1945 ; entre conflits familiaux, montée des revendications paysannes, guerre mondiale, et conflit interne irlandais, faire un choix de vie, c'est choisir son camp.
Un récit de l'histoire d'une famille confrontée à l'Histoire d'un pays, subtilement construit et scandé par de belles descriptions. A lire dans le train, ou un après-midi d'oisiveté.
La mer et le silence, Peter Cunningham, éditions Joëlle Losfeld, 241pages, 22euros50
http://www.joellelosfeld.fr/ouvrage-LO0002-la_mer_et_le_silence.html
Il y a des jours, des fois, je raconte n'importe quoi. Dans ces cas-là ma grand-mère reste d'un sérieux à toute épreuve.
(je vous laisse imaginer un contexte qui puisse justifier ça, mais voilà je parlais à une plante, dont une des feuilles était pourrissante)
-ôtez cette feuille que je ne saurais voir... (dis-je donc)
-non, c'est ce sein.
-Otez ce sein que je ne saurais voir !
-mais non : "couvrez ce sein que je ne saurais voir"
-oui, parce que ôtez...
-quoi que, on peut l'ôter...
-peloter, haha !
-...dans le cas d'une prothèse amovible.
à. toute. épreuve.